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Débat autour de la laine et du museling

23 juin 2010

Laine, la contreverse

Ce matin, je suis tombée sur un article concernant des militants qui se sont prononcés contre le fait de prendre la laine aux moutons, car laine = torture et exploitation animale. C’est une question complexe qui mérite un complément d’informations.

Certes, pour moi, la tonte est un moment que je crains particulièrement et que j’appréhende longtemps à l’avance ; pourtant il n’y a aucun choix à ce sujet et aucun bénéfice à réaliser, bien au contraire !

Cette année, le prix de la tonte de 750 brebis : 1 700 euros
Vente de la laine : 380 euros
Résultat, comme il en arrive presque chaque année : une patte arrière cassée ; mauvaise fracture = pose d’un plâtre avec attelle.
Tendons sectionnés au niveau du jarret arrière = sutures des tendons + plâtre et résultats incertains (inutile de parler du coût des interventions)

Pourquoi tondre alors ? Pourquoi ces risques ?

Depuis des siècles, l’animal a été sélectionné afin d’avoir de plus en plus de laine sur le dos ; aujourd’hui, nous n’avons plus d’autres options que de prendre l’animal dans son état actuel, qui d’ailleurs le fragilise beaucoup ; lorsqu’il va dans les broussailles, le mouton s’y accroche sans plus pouvoir se défaire et reste prisonnier tant que personne ne le délivre. De même, s’il se couche mal ou veut se gratter le dos qui le démange (car dans une toison, tout s’accroche et s’y installe (foin, paille, parasites)), il arrive fréquemment qu’il ne puisse plus se relever et doive reste sur le côté, voire sur le dos.
C’est alors la mort assurée à plus ou moins long terme (tout dépend de la température extérieure, de la nature et de la quantité de nourriture qu’il a mangée) cela peut varier de 10 minutes à plusieurs heures dans des souffrances atroces, car la digestion ne pouvant plus se faire, l’animal gonfle et meurt d’étouffement !! Si l’éleveur ou une personne bien intentionnée ne passe pas très rapidement pour relever l’animal…

Ensuite ; il y a la chaleur de l’été ; imaginez-vous vous promener à 30°C en plein soleil avec l’ensemble de vos vêtements d’hiver… Je n’en dis pas plus ! Certains prétendent que la laine, étant un excellent isolant, protège du froid mais aussi de la chaleur ! Qu’ils essaient de se promener avec leur doudoune hivernale qui est également bien isolante, en été…

Puis, il y a les mouches (myiases) qui pondent des œufs et donc des asticots, dans la laine du mouton ; de préférence sur la croupe, mais cela peut varier à n’importe quelle partie du corps, qu’il y ait une plaie ou non ; surtout par temps orageux (pluies avec éclaircies). L’idéal pour les mouches : une laine sale, humide et chaude, et alors là, c’est l’horreur la plus totale ; dans une souffrance indescriptible. En 2 à 3 jours, un mouton se fait dévorer vivant !! Sachant que le mouton qui souffre ira se cacher n’importe où, il n’est pas toujours aisé de le voir à temps !!

En France, et en Europe ; les moutons ne sont plus à quelques exceptions près élevés pour leur laine ; plutôt pour leur viande ou leur lait. Mais il n’en demeure pas moins que le mouton d’aujourd’hui a une laine très épaisse. Par conséquent, la cruauté animale n’est pas dans le fait de tondre ; mais le serait si l’on ne tondait pas le mouton !! Car malgré le stress que cela peut apporter aux moutons, comme le fait de soigner, de vermifuger, ou de parer les pieds ; faut-il pour cela ne plus rien faire pour eux…

Au sujet du museling

Concernant le museling (ablation à vif d’une partie de la peau plissée de l’arrière-train et de la queue des moutons pour prévenir les attaques de myase) pratiqué en Nouvelle Zélande et en Australie, je dirais que la question est extrêmement délicate. Il ne s’agit pas de répondre à la légère… Les moutons en Europe, donc en France, sont amputés de la queue très jeunes, moins d’une semaine en général ; une intervention très douloureuse… L’on pose un élastique très serré qui nécrose le bout de la queue de l’animal qui tombe au bout de quelques semaines ; mais j’ai appris qu’il y avait une autre méthode pratiquée, d’autant plus barbare, celle de sectionner la queue sur un billot avec une hache….. Oui ! Vous ne rêvez pas ! Cela se fait également sur des animaux adultes lorsque parfois ils changent de propriétaires, car soit disant une queue sur un mouton n’est pas esthétique !
En Angleterre et dans d’autres pays également, je suppose, les agneaux mâles sont castrés avec ce même élastique qui entraine de grandes souffrances, la viande a ainsi un gout moins prononcé.

Que dire également de ces étiquettes toujours trop grosses, dans les oreilles des moutons (obligatoires par la loi, car des animaux sans étiquettes peuvent être euthanasiés sur place) qui s’arrachent lorsque les moutons sont aux râteliers en hiver ; ou en été, dans les grillages à moutons ou dans les broussailles ?
Ces étiquettes, qu’il faut remplacer lorsqu’elles s’arrachent et laissent des oreilles déchirées et sanguinolentes ; il arrive parfois que l’oreille se déchire à la base divisant en deux parties celle-ci, ou pire qu’elles s’arrachent entièrement laissant l’animal avec une seule oreille ; sans parler des infections que cela entraine au niveau de l’oreille interne. Comme si une étiquette par mouton ne suffisait pas, il en faut désormais une à chaque oreille… Autrefois, il y avait une autre méthode : le tatouage dans l’oreille !
Bref ! Tout cela pour dire qu’en France aussi, il y a des méthodes à revoir.

Pour en revenir au museling, je pense qu’il faut tout d’abord se placer dans le contexte qu’est l’Australie…
Une ferme fait une superficie située entre 300 et 33 000 hectares ; dont souvent au moins 1 500 hectares, avec une densité de 0,3 mouton par hectare, ce qui veut dire de grandes étendues semi–désertiques avec très peu d’animaux proportionnellement.
Sur 90 hectares avec 750 moutons et trois visites quotidiennes à pied, afin de mieux voir les animaux. Il arrive que des moutons meurent sans qu’on s’aperçoive qu’ils ont des myiases, car ils se cachent ! Heureusement souvent nous les trouvons à temps, mais parfois c’est extrêmement juste.
Il me parait absolument improbable qu’en Australie, il puisse y avoir ne serait-ce qu’une visite quotidienne sur l’ensemble des animaux ; je ne sais pas à quel rythme se font les visites aux bêtes ; et encore, elles doivent se faire en quad, voiture ou avion ; donc de façon très superficielles ; et les moutons malades, blessés ou pleins de myiases sont très rapidement à la merci des prédateurs…
De plus, les mérinos sont des moutons très laineux, pleins de replis ; un régal pour les mouches !
La question est de savoir s’il est plus cruel de faire du museling ou de les laisser se faire dévorer vivants par des asticots…

Il faudrait trouver une solution alternative ; mais laquelle ? Brulûre chimique ?! Pas certaine que se soit moins douloureux… Animaux sans laine à cet endroit spécifique, par manipulation génétique ? Produits insecticides ?? Actuellement pas assez efficaces. Les laisser à leur triste sort ?!! Quelle cruauté…

« Dire qu’un cheval boite c’est bien ; le soigner c’est mieux »
Je suppose que si les éleveurs font ce travail de museling, car c’est un travail, ils le font, non pas par amour des bêtes, c’est évident, mais certainement pour une question économique rentable, forcément… ils ont dû constater que malgré tout, ils sauvent plus d’animaux qu’ils n’en tuent par infections et par rapport aux myiases… Rentabilité toujours, car ils vivent de la vente de la laine et des moutons.

Mon avis, hésitant… Ce que je sais, c’est ce que font les myiases sur les animaux et les souffrances incroyables que cela entraine !
Un jour, il m’est arrivé de trouver une jeune brebis qui semblait avoir un début de myiases au niveau de l’épaule. Je l’a ramène à la maison pour la tondre et la soigner. Au moment de tondre, je m’aperçois sous la laine qu’il n’y avait plus rien !! La brebis avait été "mangée" dans sa chair et l’on voyait la tête de l’os qui rejoint la clavicule entièrement nettoyée et à vif…. De quoi vous donner froid dans le dos ! Immédiatement, j’ai appelé le vétérinaire qui l’a euthanasié car il n’y avait plus rien à faire, si ce n’est qu’à abréger ses souffrances ; mais quelle douleur, cet animal a dû endurer !

myiase (source)

Moi qui vit dans le monde des animaux tous les jours depuis si longtemps, pour leur bien, je ne me permettrais pas, d’être aussi directe dans mes opinions. Oui ! Le museling est une méthode cruelle ! Oui ! Mais laisser un mouton se faire dévorer vivant est tout aussi cruel ! Il faut trouver une alternative, seulement à l’heure actuelle, il n’y en a aucune…

par Dominique Mauer

Du 20 au 25 juin 2010, pour tout abonnement ou réabonnement d’un an (35€) souscrit à VegMag, 5€ sont reversés au refuge « Le domaine des Douages » !

par Julie

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Vos commentaires

  • Débat autour de la laine et du museling

    J’ai lu ces précisions sur les moutons et je dois dire que je ne savais pas que tous ces malheurs pouvaient leur arriver. C’est bien de nous en avoir fait prendre conscience. On retrouve encore là la barbarie des hommes, tout ça au nom du fric qui pollue tout. Comment peut on faire souffrir des animaux de cette façon ? Je suis désespérée par la race humaine

    24 juin 2010 21:10, par mamounette

  • Débat autour de la laine et du museling

    Vous verrez ma prose sur "protection des animaux" ; ctn c’ moi. Pauvres moutons, l’animal des sacrifices, maintenant--- une usine à laine !! ; l’homme est décidément une "sale bête" ! Contre ces myiases, j’aurais, peut-être des solutions aromathérapiques, pour la cicatrisation, aussi : je soigne "gratos" les pauvre bêtes !.

    Encore bravo pour votre comportement, Merci pour les moutons !!

    24 juin 2010 09:46, par Maraillat Alain [ctn]