En cause, un dépliant remis aux enfants et aux parents à l’occasion de cette journée particulière. Du côté des bambins, on y lit que « dans ce menu, il n’y a pas de viande car l’élevage peut abîmer notre planète ». Vient ensuite le tour des parents, avec des arguments plus développés qui expliquent qu’ « une importante consommation de viande a des conséquences sur notre environnement : émission de gaz à effet de serre par les élevages (plus élevés que ceux des transports), déforestation pour créer des pâturages, participation à la pollution de l’eau et à la dégénération des récifs coralliens, contribution à la survenue des pluies acides. » De quoi faire passer le goût de la viande au carnivore le plus acharné !
Et bien justement, c’est bien là le « problème ». Le syndicat des éleveurs de Loire-Atlantique semble craindre que ce message somme toute positif passe trop bien auprès des élèves et de leurs parents. Ils ont ainsi adressé le 27 avril dernier une lettre aux élus communaux et départementaux. Dans cette lettre, ils se déclarent « profondément choqués d’un tel procédé qui prend littéralement en otage des jeunes enfants, et leurs parents, en diffusant des thèses fallacieuses et mensongères par un canal officiel (la restauration municipale) ». Affirmant comprendre et accepter « que des individus fassent le choix d’être végétariens pour les raisons qui leur sont propres », ils s’opposent violemment à la distribution du tract en question qui selon eux « répand auprès de dizaines de milliers d’enfants, sous prétexte d’une bonne intention (“Sauver la planète”), des mensonges et des thèses véhiculées par certains extrémistes militants. » « Il s’agit ni plus ni moins d’une manipulation détestable » ajoutent-ils enfin. « Ceci est très grave, bien au-delà de la nuisance que cela peut provoquer pour la filière élevage de la région. »
Niant ainsi les effets dévastateurs de l’élevage sur la planète, les éleveurs refusent tout bonnement que la vérité sur les conditions de vie et de mort des animaux et l’impact de la consommation de produits animaux sur l’environnement soit divulguée aux enfants aussi bien qu’aux parents. L’argent prend une fois de plus le dessus sur la raison et les végétariens soucieux du bien-être animal, de leur santé ainsi que de celle de leur planète sont taxés d’ « extrémistes militants ».
De qui se moque-t-on ?
(Source : rue89)
(Photo : flickr)














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