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Au restaurant du Parlement Canadien, on trouve du phoque au menu

11 mars 2010

En juillet dernier, Bruxelles décrétait un embargo sur la vente en Europe de produits dérivés du phoque. Une décision qui visait directement le Canada, triste spécialiste de cette chasse, et qui avait l’an dernier autorisé l’abattage de 338 000 spécimens au nom de la régulation. Mais alors que la saison de chasse s’apprête à débuter fin du mois, les chasseurs s’inquiètent : en effet, 25% de leurs revenus trouvaient jusqu’à présent leur origine dans la vente vers l’Europe de produits issus du phoque.

Les parlementaires canadiens ont ainsi eu une idée qui n’a pas manqué de faire frémir les défenseurs des animaux : celle de montrer leur soutien à leurs chasseurs en organisant au restaurant du Parlement un repas à base de viande de phoque. Trente repas étaient prévus, trente repas ont été servis et mangés. Un seul politique, un sénateur libéral nommé Mac Harb, ose se prononcer ouvertement contre la chasse au phoque et soutient l’idée d’une loi interdisant sa chasse commerciale. Et n’a pas manqué de mettre en évidence l’absurdité d’un tel repas : « Les phoques qui sont abattus pour la chasse commerciale ne sont normalement pas utilisés pour la nourriture. Leurs corps dépecés sont laissés sur la glace, et la grande majorité des chasseurs ne touchent même pas à la viande. Si vous ne la préparez pas d’une certaines manière, elle est immangeable ».

Pour les autres, tous les autres donc, c’est une question de principe : « C’est pour montrer que nous avons la quasi-unanimité ici », a a déclaré le sénateur Céline Hervieux-Payette. « Il n’y a qu’un seul dissident ». Et enfonce un peu plus le clou en accusant les protecteurs de animaux de ne lutter contre la chasse au phoque que pour collecter plus de fonds et d’avoir fait pression sur l’Europe : «  Quand vous ne connaissez pas tous les arguments, vous utilisez l’intimidation, et c’est cette technique qu’ils ont utilisée avec les parlementaires européens ».

Début 2009, le Gouverneur du Canada Michaelle Jean avait accepté de manger un coeur de phoque cru pour montrer son soutien aux chasseurs.

(Photo)

par Aurélie Barthly-Desjardins

Mots-clés :  politique phoque Canada