Refuge : lieu où l’on se retire pour échapper à un danger ou à un désagrément, pour se mettre en sûreté. Synonymes : abri, asile. Exemples : « Chercher refuge ». « Demander refuge à quelqu’un ». Le Robert.
Quiconque, doué d’un minimum de sens moral et faisant preuve d’un respect réel des animaux, ne peut qu’être horrifié devant ce qui se passe dans nombre de fourrières et refuges français, les quelques structures dignes de leur vocation - il en existe fort heureusement – ne parvenant guère à compenser la litanie des autres. La période estivale voit se multiplier les abandons, déjà légion le reste de l’année. Nos concitoyens, sous des prétextes divers et futiles (départ en vacances, déménagement, divorce, allergie, etc.), se séparent d’un compagnon qui n’a que le tort de ne plus plaire. Aussi s’en débarrassent-ils comme d’un vulgaire paquet, le vouant à une mort quasi certaine : les fourrières et les refuges, pleins, doivent « faire de la place », procédant sans état d’âme à l’euthanasie de dizaines de milliers de sujets en parfaite santé, et même de sujets très jeunes.
Un refuge devrait constituer, pour les animaux errants, blessés ou abandonnés, un havre où se reposer, être soigné et adopté. Or, trop souvent, ce n’est qu’un camp de la mort géré par des irresponsables davantage intéressés par l’appât du gain ou une notoriété quelconque que par le sort des êtres sensibles dont ils ont charge d’âme. On ne compte plus, dans le milieu de la protection animale (qu’il ne faut pas confondre avec celui de la libération animale) les scandales financiers, administratifs et de gestion. On ne compte plus les vétérinaires véreux prêts à euthanasier n’importe quel animal sur demande d’un particulier ou d’un « refuge ».
On ne compte plus le nombre de gens qui, pensant bien faire, vont, par leurs dons, parfois très généreux, non pas soulager la misère des animaux, mais enrichir quelques rouages bien huilés d’une machine à fric qui ne survit précisément que grâce à elle.
Tous ces maux ont une cause : le mépris de la personne animale. Et ce mépris vient d’une raison simple : tant que les « protecteurs » mangeront les animaux et des produits d’origine animale, qu’attendre d’eux en tant que protecteurs ? Pourrait-on, par exemple, décemment concevoir un humanitaire cannibale ? Bien sûr que non : un tel individu trahirait non seulement son idéal, mais serait à juste titre considéré comme un criminel. De la même façon, un animaliste ne peut qu’être végan.
Nous sommes en 2011, et nous n’avons toujours pas compris que l’animal nonhumain est une personne, et qu’il est, à ce titre, notre égal, doté de droits fondamentaux. Les animaux sont, dans le monde, toujours considérés comme des biens de consommation propres à tous les usages : alimentaire, sportif, économique, récréatif, etc. Tant que l’animal sera perçu, par les citoyens autant que par les « protecteurs », comme une chose et non comme un individu, alors on continuera d’abandonner du côté des premiers, et d’euthanasier du côté des seconds.
La misère des refuges est d’abord morale. Agir pour les animaux, c’est entrer en mission. Ce n’est pas faire du commerce, ni se payer une place au soleil des célébrités locales. C’est donner et non prendre, c’est servir et non s’en servir. Combien d’animaux paient, chaque jour de leur vie, et de leur vie, le crime d’avoir été abandonnés et de n’être pas des humains ? Combien de scandales étouffés, de vengeances intestines assouvies sur le dos d’innocents martyrs ? A combien s’élève le nombre des victimes de l’irresponsabilité de ceux qui se prétendent pourtant à leur service ? Le nombre de gens réellement dévoués aux animaux dans les refuges compensera-t-il jamais le nombre de ceux dont l’impéritie est notoire ?
Certaines organisations animalistes sont très connues, riches et puissantes. Mais à quoi sert l’argent libéralement versé par leurs donateurs ? A quand l’investissement des sommes dans l’agrandissement des structures d’accueil, dans un programme d’adoption et dans une politique nationale de sensibilisation au respect des animaux ? A quand la mise à la porte des directeurs et directrices de « refuges » ne brillant que par leur incompétence et leur opportunisme ?…
Il est temps d’ouvrir les yeux. Au XXIe siècle, la France, pays prospère et soi- disant « civilisé », n’a aucune excuse pour continuer d’ignorer le sort réservé aux animaux dans ses refuges (et partout ailleurs), ou, pire, s’en contenter. Les refuges ne mériteront leur nom que lorsqu’ils respecteront entièrement les animaux qui leur sont confiés. Ce jour-là, plus aucun animal ne sera euthanasié, et tous bénéficieront de l’amour et des soins qui leur sont dûs.
Pétition : http://9295.lapetition.be/
Méryl Pinque
Vegan.fr














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