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Grande marche européenne contre la vivisection : l’interview d’Eric de l’association International Campaigns

22 avril 2011

Amis militants, n’oubliez pas ! La grande marche européenne contre la vivisection, organisée dans le cadre de la SMAL, la semaine mondiale pour les animaux de laboratoire, c’est demain. A cette occasion, Eric, militant pour l’association International Campaigns, nous dresse un état des lieux de la situation des animaux de laboratoire en Europe et dans le reste du monde et revient sur les principaux freins à l’arrêt de l’expérimentation animale.

VegMag : Quel est l’objectif de cette marche ?

Eric : Co-organisée par le collectif International Campaigns, la Fondation Brigitte Bardot et l’association de scientifiques Antidote Europe, cette marche européenne contre la vivisection a une vocation abolitionniste et unitaire contre tous les tests et expériences en tout genre sur tous les animaux.

Pour rappel, la date, l’heure et le lieu du rendez-vous sont comme suit :

Ce samedi 23 avril 2011, à 13h30, Place de l’Hôtel de ville, Paris 4ème. La marche commencera à 15h pour se terminer après 16h30 par un moment de recueillement. L’itinéraire sera fourni en amont sur place au point de rendez-vous. Toutes les informations utiles sont publiées ici http://semaine- mondiale-animaux-laboratoire.org/manifestation-23-avril.html.

Cette marche, qui verra des prises de parole à caractère militant et scientifique avec un message éthique et progressiste, s’inscrit dans un mouvement progressiste pour exiger une science éthique et efficace, et non pas dans une démarche antiscience, comme ont parfois tendance à l’insinuer les promoteurs et défenseurs de l’expérimentation animale.

La manifestation parisienne a lieu dans le cadre de la Journée Mondiale des Animaux dans les Laboratoires (JMAL), journée autour de laquelle s’articule chaque année la Semaine Mondiale pour la libération des « Animaux de Laboratoire » (SMAL), une campagne internationale qui se déroule toujours pendant la deuxième quinzaine d’avril, l’édition 2011 courant du 16 au 24 avril.

A cette marche européenne soutenue et relayée par de grandes associations institutionnelles et une myriade d’associations et collectifs à travers la France s’ajoute cette année, en France, une quinzaine d’ actions de sensibilisation locales à travers l’Hexagone (http://semaine-mondiale- animaux-laboratoire.org/en-region.html) ainsi que l’Opération Vélo Contre La Vivisection (http:// stopauxanimauxdansleslabos-velo.blogspot.com) entre Montpellier et Paris. Militant pour l’abolition de la vivisection, Benoît, relaie l’appel à la marche sur Paris de manière originale et mobilise le plus grand nombre en diffusant le message et le discours antivivisection abolitionniste à travers la France. Il relance ainsi le débat sur l’expérimentation animale entre Montpellier et Paris à travers 21 villes- étapes. Ce jeudi, il arrive sur Melun où il tiendra dans l’après-midi son stand de sensibilisation mobile puis cap sur Fontenay Sous Bois puis sur Paris Place de l’Hôtel de ville où il sera accueilli par les manifestants en début d’après-midi.

12 millions d’animaux utilisés est le nombre officiel d’animaux « sacrifiés » chaque année dans les laboratoires de l’Union européenne, des animaux toujours plus nombreux à être utilisés dans les laboratoires européens (dont plus de 10 000 primates par an), comme le signale le 6ème rapport statistique européen publié à l’automne 2010. Cependant, ces 12 millions ne sont qu’une estimation puisque beaucoup d’animaux sont exclus des statistiques, notamment ceux morts pendant leur élevage, ceux sacrifiés pour prélever un ou des organes ou des tissus, maltraités, etc. Les animaux transgéniques « ratés » sont également exclus de ces statistiques officielles puisque la majorité d’entre eux vont mourir avant la naissance, soit un nombre énorme, le taux de réussite pour chaque animal transgénique étant de l’ordre de 1 à 2%. De plus, aux États-Unis, les rongeurs et les oiseaux ne sont pas considérés comme des animaux, mais constituent la majorité des animaux utilisés dans les laboratoires américains. Ce qui permet de comprendre le chiffre global annuel d’environ 1 milliard d’animaux victimes, d’une manière ou d’une autre, de l’industrie de la vivisection à travers le monde.

Les derniers chiffres européens concernant le nombre d’animaux utilisés dans les laboratoires européens ont été publiés à l’automne 2010. Ils concernent l’année 2008 et sont en hausse. Il y a officiellement une hausse très minimaliste en France, alors que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les 3 plus importants pays vivisecteurs en Europe. Avec 55% à eux 3, on peut s’interroger sur seulement 0,13% d’augmentation en France alors que les hausses sont de 11% en Allemagne et 21% au Royaume-Uni… ainsi qu’une augmentation massive des expériences sur animaux en Autriche, Espagne, Estonie, Irlande et Portugal.

De plus, lors du dernier vote final au Parlement européen le 08 septembre 2010, tous les amendements proposés pour tenter de faire évoluer la Directive européenne 2010/63/EU relative à la « protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques » ont été rejetés. Cette réglementation constitue le principal texte législatif communautaire concernant les animaux utilisés dans les laboratoires. Cette directive, qui remplace la directive 86/609, devra être transposée dans les pays membres de l’Union européenne (UE) d’ici janvier 2013. Elle prévoit notamment de réutiliser plusieurs fois le même animal si la douleur de l’expérience est considérée comme faible ou modérée ou de laisser à l’appréciation du chirurgien la possibilité d’anesthésier l’animal. De plus, le recours aux méthodes de substitution validées scientifiquement n’est plus obligatoire et ce texte autorise également les expériences sur les chats et aussi d’utiliser des animaux domestiques errants dans le cadre de dérogations au contenu flou.

Concernant la réglementation sur les tests de produits cosmétiques sur les animaux, après des années de campagne par des organisations de défense des animaux, le 7ème amendement de la Directive européenne Cosmétiques a été salué comme une étape importante vers le remplacement total des animaux dans le cadre des tests cosmétiques. Ce 7ème amendement devait tracer la route vers l’interdiction de tester les produits cosmétiques finis sur des animaux à partir du 11 septembre 2004, suivie d’une interdiction de tester les ingrédients ou les combinaisons d’ingrédients à partir du 11 mars 2009. Enfin, l’objectif bien plus large d’interdire la commercialisation des cosmétiques testés sur des animaux doit prendre effet en 2013 pour rendre impossible la vente dans l’UE de produits cosmétiques testés ailleurs sur des animaux.

Toutefois, la CE tente actuellement de reculer l‘échéance de 2013 destinée à interdire les tests des substances cosmétiques sur des animaux et souhaite désormais repousser la date butoir à 2019, voire au-delà.

Ajouté à cela, le projet REACH de test et retest des substances chimiques en Europe qui prévoit d’utiliser 54 millions d’animaux en plus des 12 millions officiels.

Enfin, les plus hautes autorités françaises ont refusé d’accorder un statut d’objecteur de conscience à Axelle et autres étudiants qui refusent régulièrement de disséquer un rat ou autre animal dans le cadre de leur cursus qui l’impose. Qui plus est, le terme d’objecteur ne semble ni approprié ni recevable par les autorités…

VegMag : Quels sont les principaux freins à l’arrêt de l’expérimentation animale ?

Eric :

* La culture du « modèle » animal pour la recherche qui est particulièrement ancrée au pays de Descartes et dont la remise en cause ne semble pas être à l’ordre du jour.

* La pression des lobbies (industries diverses dont pharmacie et chimie) et de la communauté des chercheurs très bien organisés et unis pour mettre la pression et user de leur influence auprès des parlementaires européens au point de voter une « réglementation » régressive et encore plus nuisible aux animaux et à la santé humaine in fine.

* L’intérêt pour les industriels et les lobbies opérant sur le marché de la vivisection de maintenir le statu quo en matière de tests et protocoles divers sur les animaux, notamment pour des questions de profit et de rentabilité : labos privés, sociétés privées spécialisées dans l’expérimentation sur les animaux), labos publics (EPST), élevages spécialisés et pourvoyeurs pour labos en manque de budget et fournisseurs d’équipements divers, de matériel et d’installations en tout genre pour les laboratoires. Sans oublier les vétérinaires et techniciens de laboratoire chargés de veiller à leur manière sur les animaux).

L’industrie de la vivisection est un secteur très lucratif, notamment, mais pas seulement, avec le développement de programmes de recherche sur les maladies neurodégénératives et autres maladies, affections et risques sanitaires contemporains qui va de concert avec le maintien de l’utilisation de plus de 10 000 primates en Europe et l’explosion du nombre d’animaux génétiquement modifié (AGM) pour modéliser les nouvelles pathologies.

* Le sous-financement des méthodes scientifiques de substitution à l’animal (MSSA) : 12 millions d’euros contre 3 milliards à l’expérimentation animale en Europe chaque année, montant exorbitant auquel s’ajoutent les collectes caritatives…

VegMag : Pourquoi est-ce important de venir nombreux à la marche du 23 avril ?

Eric : Pour tous ensemble envoyer un message éthique et progressiste fort et participer à une démonstration de force d’envergure européenne (France, Belgique, Italie, Suisse…) face à l’organisation et la mobilisation des lobbies de la chimie, de la pharmacie, de la recherche académique qui maintiennent la vivisection et ont fait empirer le sort des animaux dans les labos européens en mettant la pression sur la révision de la Directive européenne 86/609/CEE de 1986.

Cette année est un défi pour tenter de redynamiser le mouvement français à travers une manifestation centralisée en regroupant un maximum de monde, en parallèle d’une quinzaine d’actions en région pendant la SMAL 2011, afin de créer une émulation et de donner une suite à la mobilisation du 23/04. Il ne doit pas s’agit d’un simple coup de gueule national, mais aussi de renforcer et de dynamiser un réseau militant à travers le territoire sous la forme d’actions de sensibilisation du grand public, en plus de campagnes de pression spécifiques contre des industries et des établissements directement impliqués dans la vivisection et qui sont actuellement en train de se mettre en place en France.

Une minute de silence à la mémoire des animaux sacrifiés dans les laboratoires du monde entier sera observée à partir de 16h30 à la fin de la marche.

TOUS A PARIS SAMEDI 23 AVRIL POUR DIRE STOP AUX ANIMAUX DANS LES LABOS !

On vous donne donc rendez-vous à Paris à 13h30, place de l’Hôtel de Ville (métro hôtel de ville ou châtelet) pour participer à cette manifestation initiée par International Campaigns, Antidote Europe et la Fondation Brigitte Bardot.

Venez nombreux défendre la cause des animaux exploités dans les laboratoires !

Et n’oubliez pas, lutter concrètement contre la vivisection dans sa vie de tous les jours c’est refuser de donner son argent à des marques pratiquant les tests sur les animaux (voir les listes One Voice et International Campaigns pour connaître les marques ne testant pas), mais aussi adopter une bonne hygiène de vie pour avoir le moins possible besoin de recourir à des médicaments. N’hésitez pas non plus à faire découvrir des produits éthiques et non-testés sur les animaux, encore trop souvent méconnus, à votre entourage !

Site web de la marche : http://semaine-mondiale-animaux-laboratoire.org/manifestation-23-avril.html

Site d’International Campaigns : www.international-campaigns.org

Contact : info international-campaigns.org

par Aurélie Barthly-Desjardins

Mots-clés :  expérimentation animale vivisection manifestation interview fondation Brigitte Bardot International Campaigns