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AirSouffrance, nouvelle campagne contre le transport d’animaux de laboratoire par Air France-KLM

22 mars 2011

La CAV (Coalition Anti Vivisection) lançait officiellement en début de semaine sa nouvelle campagne. Elle vise cette fois Air France-KLM et a pour objectif de pousser la compagnie à renoncer au transport d’animaux destinés à des laboratoires. Un type de campagne qui a déjà porté ses fruits auparavant.

Voici le communiqué de la CAV :

"Air France-KLM : dans le collimateur des anti-vivisection

Une campagne internationale s’attaque actuellement au leader mondial du transport aérien Air France-KLM, principal affréteur de primates destinés aux laboratoires. La compagnie aérienne a jusqu’au 21 mars 2011 pour changer de politique et annoncer qu’elle renonce à participer au commerce de cobayes. http://airsouffrance.fr

Air Souffrance contre Air France

Partout dans le monde, des organisations s’opposant à l’expérimentation animale se préparent à rejoindre une nouvelle campagne contre le transport des animaux de laboratoire. Air France-KLM est depuis longtemps dans le collimateur de nombreuses associations mais, grâce aux différents réseaux sur internet, des alliances se sont créées autour d’une campagne commune.

Forts de leurs récents succès auprès de British Airways, Pakistan International Airlines, El Al et Amerijet International, les anti-vivisection demandent maintenant à Air France-KLM de rejoindre la cinquantaine de compagnies aériennes ayant déjà fait le choix éthique de ne plus cautionner activement le marché de l’expérimentation animale.

Le transport de primates et ses conséquences

Chaque année, des dizaines de milliers de primates sont transportés à travers le monde. Air France-KLM en est actuellement le principal transporteur de l’Ile Maurice, des Caraïbes et d’Asie vers l’occident.

Pour la recherche biomédicale, de nombreux primates sont arrachés à leur milieu naturel et sont utilisés pour des expériences hautement invasives, principalement dans la recherche sur les maladies du cerveau. Cependant, une maladie neuro-dégénérative humaine, largement influencée par notre mode de vie et les centaines de substances toxiques présentes dans notre sang, ne peut pas être recréée sur une autre espèce. Nul besoin d’être scientifique pour comprendre que les données fournies pas ces expériences ne sont pas exploitables et ne peuvent donc pas être étendues à des paramètres humains.

D’autres exemples témoignent de la non-fiabilité de l’animal comme modèle biologique pour l’homme. Malgré les 98,7% de gènes que les chimpanzés ont en commun avec nous, ils ne s’avèrent pas être de bons modèles pour la recherche médicale. Il existe en effet de grandes différences entre les infections et maladies virales des primates et celles des humains, d’autant plus que ces maladies sont inoculées artificiellement dans les animaux, ce qui rend leurs résultats incomparables avec ceux des maladies nées spontanément dans l’organisme humain.

Les primates ne développent pas les symptômes du SIDA lorsqu’ils sont infectés par le VIH en laboratoire. Ils sont naturellement immunisés contre notre malaria commune. Par ailleurs, les tests sur les primates n’ont pas permis de comprendre l’infection du virus de l’hépatite C. Enfin, les primates ne présentent pas les mêmes formes de cancer que les nôtres.

Certains chercheurs se basent sur les coïncidences biologiques inter-espèces pour laisser entendre que le modèle animal ressemblerait suffisamment à l’homme : or "ressembler" n’est pas un verbe scientifiquement recevable.

Les primates vietnamiens donneraient en laboratoire des résultats, non pas différents, mais opposés à ceux fournis par leurs cousins de l’Île Maurice.

D’après une étude réalisée par la British Union Against Vivisection (BUAV), huit macaques capturés sur dix meurent avant même d’atteindre le laboratoire. Ils peuvent avoir été tués lors de leur piégeage mais c’est surtout le stress provoqué par leur soudaine captivité qui leur est le plus fatal.

Les vols sont tout aussi stressants et les animaux y sont lourdement malmenés d’une escale à l’autre. Un voyage peut durer jusqu’à 60 heures.

Ultimatum

La Coalition Anti Vivisection France, soutenue par des groupes des Pays Bas, d’Italie, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Israël et des États-Unis, a demandé à Air France-KLM de cesser le transport d’animaux destinés aux laboratoires. La compagnie aérienne a jusqu’au 21 mars 2011 pour faire part de sa décision à la CAVF. À partir de cette date, et dans le cas d’absence d’une réponse positive, la campagne sera officiellement lancée avec des manifestations publiques, des actions médiatiques et des tractages auprès des passagers de la compagnie.

La lettre ouverte est publiée sur le site de la Coalition Anti Vivisection France (http://cav.asso.fr/fr/20110308_lett…) et a été envoyée nommément à :

- Jean-Cyril Spinetta, président du conseil d’administration d’Air France et d’Air France KLM

- Leo M. van Wijk, vice-président du conseil d’administration d’Air France KLM

- Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d’Air France et d’Air France KLM

- Peter F. Hartman, PDG de KLM royal Dutch Airlines

La Coalition Anti Vivisection France (CAVF) est une association 1901 dont le but est de dénoncer la non-pertinence de l’expérimentation animale et de promouvoir une science éthique, moderne et performante. Leur site internet : http://cav.asso.fr

Air Souffrance est une campagne visant les compagnies aériennes transportant des animaux destinés aux laboratoires. Elle fédère et informe différentes associations et citoyens : http://airsouffrance.fr "

par Aurélie Barthly-Desjardins

Mots-clés :  expérimentation animale vivisection airsouffrance