Pour Kofi Annan, l’heure est grave et il est désormais urgent de mettre en place des politiques adaptées pour lutter contre la faim qui touche actuellement 1 milliard de gens dans le monde, sans quoi elle pourrait devenir une « catastrophe permanente ». « Si les pays ne peuvent faire cause commune pour parvenir à la sécurité alimentaire, le plus fondamental des droits de l’homme, nos espoirs d’une coopération internationale plus globale semblent condamnés. Le monde a renoncé à l’idée d’un but commun fondé sur des valeurs partagées. On a observé une inquiétante avancée du protectionnisme, des interdictions unilatérales d’exportation, de la mainmise sur les terres et d’accords exclusifs répondant aux besoins alimentaires des riches et évinçant les pauvres », a-t-il déclaré avant de revenir sur le problème de l’accaparement des terres agricoles. Ce phénomène, qui consiste pour les pays développés à acheter des terres au sud pour assurer leur propre sécurité alimentaire, met en péril la vie des communautés qui n’ont plus ni la possibilité ni les moyens de cultiver les terres de leur propre pays. « Il est alarmant d’apprendre d’un récent rapport que des terres agricoles équivalant à un territoire grand comme la France ont été achetées en 2009 en Afrique par des « hedge funds » et autres spéculateurs. Il n’est ni juste ni viable que des terres agricoles soient ainsi dérobées aux communautés, ni que de la nourriture soit exportée de pays où les habitants ne mangent pas à leur faim. Les populations locales ne tolèreront pas cet abus — et nous non plus », a affirmé Kofi Annan.
Parmi les solutions énoncées on trouve l’accroissement des études concernant les impacts des agrocarburants et l’établissement de règles pour un commerce plus équitable. Kofi Annan a rappelé que, d’après les chiffres OXFAM, les subventions accordées à leurs agriculteurs par les pays de l’OCDE représentaient 80 fois le montant dépensé en aide publique à l’agriculture. Selon les estimations, la population passera de 6,9 milliards d’habitants à 9,2 milliards en 2050 ; cela nécessite pour parvenir à nourrir tout le monde d’augmenter de 70% la production vivrière mondiale.
Source : http://www.temoignages.re/la-faim-pourrait-devenir-une-catastrophe-permanente,50600.html














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