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Prothèses mammaires PIP : c’était OK pour les souris !

13 janvier 2012

Les scientifiques d’Antidote Europe s’interrogent sur la responsabilité de l’AFSSAPS dans l’affaire des prothèses mammaires PIP.

communiqué d’Antidote Europe

Perpignan, le 12 janvier 2012 - Antidote Europe, une association créée par des chercheurs issus du CNRS et dont l’objectif est l’application des progrès scientifiques au bénéfice de la santé humaine, vient d’interroger le directeur de l’AFSSAPS à propos du rôle de l’Agence dans le scandale des prothèses mammaires PIP.

L’Agence s’est déjà penchée à deux reprises sur la toxicité de ces implants et a déclaré qu’il n’y avait « aucun risque génotoxique » (une atteinte du matériel génétique pouvant entraîner des cancers). Or, on apprend que deux femmes porteuses de ces implants sont mortes, de cancer précisément. En France des dizaines d’autres femmes porteuses de ces implants ont développé des cancers du sein, elles seraient des milliers à travers le monde.

L’évaluation par l’AFSSAPS du risque génotoxique des implants n’était donc pas pertinente. Ceci n’est pas étonnant. L’Agence s’est en effet « assurée » (?) de la non-génotoxicité des implants… chez la souris ! Claude Reiss, président d’Antidote Europe et ancien directeur de recherche au CNRS, se demande si les « experts de haut niveau » revendiqués par l’AFSSAPS avaient remarqué que les femmes n’étaient pas des rongeurs de 60 kg, et que, de surcroît, ces tests sont imprécis pour plusieurs raisons. Par exemple, parce que les cassures double brin de l’ADN qu’ils révèlent ne sont qu’un des très nombreux facteurs responsables d’un cancer. Ou encore, parce que ces cassures se produisent et éventuellement se maintiennent selon des mécanismes spécifiques d’une espèce animale et peuvent donc être très différents entre souris et humains. Les tests de génotoxicité sur rongeurs sur lesquels se fondent les décisions de l’AFSSAPS sont, pour les humains, au mieux sans intérêt, au pire gravement dommageables car ils peuvent masquer la toxicité réelle d’une substance chimique.

Pour accomplir efficacement sa mission de prévention, l’AFSSAPS devrait adopter sans tarder des méthodes scientifiques d’évaluation des risques, notamment par génomique sur des cellules humaines en culture. Ces méthodes sont opérationnelles, plus rapides et moins chères que les tests de toxicité sur animaux et recommandées notamment par le rapport de l’Académie des sciences des Etats-Unis publié en 2007 : « Toxicity Testing in the 21st Century : A Vision and a Strategy ». Les tests de toxicologie sur animaux ont été qualifiés de « tout simplement de la mauvaise science » par un éminent toxicologue européen. Jusqu’à quand les autorités continueront-elles à jouer notre santé à la roulette russe ?

Pour en savoir plus sur Antidote Europe : http://antidote-europe.org

par Julie

Mots-clés :  expérimentation animale


Vos commentaires

  • Prothèses mammaires PIP : c’était OK pour les souris !

    Bonjour,

    Les prothèses PIP n’étaient pas fabriqués avec des éléments autorisés par la loi en matière d’implant certes, mais aucunes enquêtes ne soulèvent un quelconque risque de cancer pour les personnes qui ont reçu ce genre d’opération. Il y a risque d’éclatement des implants, c’est tout. Les personnes qui accusent PIP de leur avoir déclaré un cancer du sein, ne montrent pas du doigts les bons responsables, enfin au vue des conclusions sur cette affaire. Les proportions de déclaration de cancer chez les personnes porteuses d’implant correspondent à la proportion normale dans la population sans implants.

    Je suis Vegan, le test sur les animaux est inacceptable et ne relève d’aucunes légitimités scientifique. Ce qui est sans danger pour les animaux (non-humain), peut l’être pour l’Homme et inversement.

    1er février 13:42