VegMag - magazine sur le végétarisme, les animaux, l’écologie, l’humanitaire et la santé
Paris Vegan Day
Accueil >  Actus >  Santé >  Les animaux-emballages, ou comment l’industrie de la viande supplémente l’alimentation des animaux

Santé

le Facebook de VegMag

VegMag vous recommande :

Animavie

Alliance Ecologiste Indépendante

Alternature

Resto Vege.fr

  • Agrandir la taille du texte
  • Réduire la taille du texte
  • Imprimer cet article
  • Envoyer cet article par mail
  • Commenter cet article

Les animaux-emballages, ou comment l’industrie de la viande supplémente l’alimentation des animaux

28 mars 2011

On reproche souvent aux végétariens, et encore plus aux végétaliens, de se supplémenter (on pense généralement à la B12, complément indispensable du régime végétal destiné à éviter des troubles neurologiques parfois graves). Cela prouverait en effet que leur régime alimentaire n’est pas adapté, voire dangereux. Je vous propose aujourd’hui de jeter un oeil à ce texte, rédigé par David Olivier des Cahiers Antispécistes et publié dans la revue de l’AVF (Association Végétarienne de France). Un concentré d’arguments que vous ne manquerez pas de noter dans un coin de votre tête… Ça peut servir.

"Un grief fréquent contre les alimentations végétariennes est la nécessité qu’elles impliquent de prendre un complément de vitamine B12. Ce nutriment, abondant dans la viande, est en effet pratiquement absent des plantes, et une personne végétalienne doit s’assurer un apport régulier par la prise de suppléments ou d’aliments supplémentés (certains jus de fruits, corn flakes…). Cela concerne même les végétariens qui consomment des laitages et des œufs, car la B12 n’est présente dans ces produits qu’en quantité limitée. Une carence en B12 peut apparaître après plusieurs années et avoir des conséquences nerveuses irréversibles ; même légère elle peut aussi, à la longue, abîmer les artères. Ces faits gênent les végétariens eux-mêmes, qui souvent n’aiment pas l’idée des suppléments. Ils ouvrent la voie aux critiques comme celle du médecin Franck Senninger : « On peut certes suppléer mais est-il raisonnable de faire la promotion d’une alimentation qui ne se suffit pas1. » Telle est la situation : les végétariens doivent prendre un supplément en B12, directement ou indirectement ; les mangeurs de viande, eux, ont une « alimentation qui se suffit », la B12 étant naturellement présente dans la chair des animaux.

Telle est la situation ? Pas tout à fait, car il y a un détail dont on parle peu. Dans le monde en 2008, ont été produites, dans les usines de quatre firmes différentes (une française - Sanofi-Aventis - et trois chinoises), environ 35 tonnes de vitamine B122. Cette quantité représente environ six fois les besoins nutritionnels de la totalité de l’humanité3. Mais où va toute cette B12 ? Dans les comprimés pour végétariens ? Ils doivent vraiment en abuser, et être très très nombreux ! Eh bien non. En réalité, seule une petite partie de cette production va dans les comprimés. La plus grande part va dans… les aliments pour animaux d’élevage. En effet, la vitamine B12 n’est pas plus produite par les animaux qu’elle ne l’est par les plantes. Elle est d’origine exclusivement bactérienne4. Dans la nature, les herbivores la trouvent typiquement dans les souillures des aliments qu’ils consomment. Mais dans l’environnement contrôlé et intensif des élevages, cet apport-là est marginal. L’alimentation des poulets et autres « volailles » ainsi que des porcs est donc systématiquement supplémentée en B125. Celle-ci, tout comme la vitamine B12 des comprimés pour végétariens, est produite industriellement par fermentation, généralement à l’aide de bactéries génétiquement modifiées6. La B12 est une grosse molécule complexe, et les animaux l’absorbent, l’utilisent et la stockent dans leur chair sans la transformer. Les molécules de B12 que les mangeurs de viande prennent « tout naturellement » dans leur « alimentation qui se suffit » n’ont fait que passer par le corps de l’animal. Elles proviennent des usines des quatre fabricants mondiaux, exactement comme celles que prennent les végétariens dans leurs comprimés. En somme : les végétariens prennent de la B12 fabriquée en usine et emballée dans des comprimés. Les personnes qui mangent de la viande, tout au contraire, prennent de la B12 fabriquée en usine et emballée dans des animaux."

Lire la suite sur le site des Cahiers Antispécistes : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article405

par Aurélie Barthly-Desjardins

Mots-clés :  Santé viande élevage antibiotique